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Orientéierungshëllef fir d’Héichpunkten . Repères des temps forts  

Introduction à l’Ascension

Qu’avez-vous à regarder le ciel ?

Entrer dans la fête de l’Ascension n’est pas aisé pour le chrétien moyen. Il pense qu’en ce jour on commémore le départ du Christ, ce qui n’a rien d’une fête. Et puis il ne se sent pas concerné. Et même si on lui dit que cette entrée du Christ au ciel prépare la sienne, ce ciel lui semble lointain - et la terre est trop belle. Enfin certains, et des meilleurs, craignent que, à regarder trop vers là-haut, ils s’évadent de leurs devoirs d’ici-bas.

Une accumulation de méprises

Ce que nous fêtons au juste, c’est moins un départ qu’une autre présence de Jésus. Ne nous dit-il pas, au moment de nous quitter visiblement : Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde (Mt 28,20) ? Il est donc là, mais autrement et même plus intensément. Glorieux, agissant dans son Esprit qui nous le communique.

Quand un père de famille, un chef de groupe partent pour préparer une bonne place où passer les vacances, ce n’est pas un adieu. Ce départ réjouit même le cœur qui, déjà, rêve de beaux jours. Ainsi le Christ dit-il : Je m’en vais vous préparer une place, mais je reviendrai et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous soyez aussi (Jn 14, 3).

Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père (Jn 14, 28). Oui, seul l’amour peut vraiment vaincre cette indifférence pour le ciel. Un regard perçant nous invite à prendre quelque distance avec nos réussites fragiles et passagères. Un détachement lucide - pour un joyeux attachement.

Quant au danger de trahir la terre, il n’est pas grand lorsque les anges secouent les apôtres : Qu’avez-vous à rester là et regarder ainsi le ciel ? (Ac 1,11). Et Jésus, en ce jour, nous donne du travail plus que nous n’en pouvons faire : allez par le monde entier, proclamez la Bonne Nouvelle, chassez les démons, guérissez les malades... (Mc 16,15-18). Comment concilier le désir du ciel et nos responsabilités terrestres ? En prenant conscience que nous sommes en route. Je m’intéresse à tout ce qui fait cette route : j’y cueille les fleurs, j’y soutiens le faible qui marche avec moi... Mais je ne m’assieds pas sur le chemin pour y faire ma demeure.

A y regarder de près, nous célébrons à nouveau la fête de Pâques : le passage de la vie terrestre du Christ à sa vie glorieuse. Il est définitivement retiré aux apôtres. La présence exaltante des quarante jours fait désormais place à la présence patiente dans la seule foi.

En même temps, nous célébrons déjà « la parousie », la venue triomphale du Christ : Il reviendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller au ciel, dit l’Ange aux disciples (première lecture). Une traduction plus fidèle du texte dit : Il viendra plutôt que « Il reviendra » (Ac 1,11). C’est plus qu’une nuance, car il s’agit moins d’un retour que de la manifestation visible et éclatante de Celui qui reste présent dans son Eglise. Ce sera plutôt un lever de rideau sur ce qui était déjà là, mais caché. Inversement l’Eglise, tout en étant encore en route, est déjà, de quelque façon, au but. Par sa tête, le Christ. Nous, les membres de son corps, c’est là (dans la gloire) que nous vivons en espérance (oraison du jour). On le voit bien, à l’Ascension il n’est pas question de départ, comme à la fin des temps il ne sera pas question de retour. Et nous, nous possédons déjà en amorce ce que nous aurons un jour en plénitude.

Qu’est-ce à dire pour notre vie spirituelle ?

Qu’il ne faut pas creuser un fossé imaginaire entre l’Eglise terrestre et la céleste. Les deux sont étroitement unies : je suis en communion avec les saints tout comme le Christ est présent à notre monde. Et si je distingue la solidarité avec les hommes de mon désir de Dieu, je ne dois, en aucune façon, les séparer. Les Orientaux l’ont mieux compris, du moins dans leur culte. Pour eux l’eucharistie est le lieu où s’entrecroisent deux liturgies, la terrestre et la céleste qui s’appellent et se répondent dans un va-et-vient grandiose.

La fête de l’Ascension est relativement tardive. Au début du 4e siècle, en certains lieux (en Palestine par exemple), on commémorait encore l’Ascension le jour de la Pentecôte. Aussi curieux que cela paraisse, ce fait montre qu’à l’époque on avait une vue globale du Mystère pascal qui contient et la Résurrection de Jésus et son Ascension et la Venue de son Esprit.

Le désir de revivre plus historiquement que mystiquement les événements de la Pâque conduisit, vers cette même époque, à une fête particulière. Cette pratique s’appuie sur l’Ecriture elle-même, car le Seigneur, bien que déjà enlevé près du Père, s’était montré vivant après sa passion... pendant quarante jours il leur était apparu, puis ils le virent s’élever et disparaître à leurs yeux. (première lecture). Le passage du Christ de sa mort à sa résurrection, « le pas de géant » (Ps 18, 7) nous, esprits sans intelligence et lents à croire (Lc 24, 25), nous le concevons et célébrons par fragments, par étapes, à petits pas.

 
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