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Que mettre dans notre sac à dos pour notre pèlerinage sur la terre ?

Commentaire de l'évangile du 19ème dimanche du temps ordinaire, année C - Isabelle Scart (10.08.2025)

En ce mois d’août propice au repos, au « lâcher prise », à la déconnexion, l’évangile de ce dimanche amorce la réflexion. Pourquoi ne pas le lire comme une source de bonnes résolutions à appliquer à la rentrée ? Jésus donne ses consignes, rapportées par saint Luc, chapitre 12, versets 32 à 48. Dans cette année jubilaire, alors que les catholiques sont invités à partir en pèlerinage pour Rome, le Christ suggère d’alléger le sac à dos de notre pèlerinage terrestre, pour arriver sereinement à la Jérusalem céleste.

Première recommandation : « Sois sans crainte, petit troupeau. » Jésus encourage à laisser toute inquiétude derrière soi. Le Père connaît les besoins de ses enfants et Il les a déjà faits héritiers de son Royaume. Abandonnons donc autant que possible les soucis matériels comme les préoccupations mentales, toutes ces considérations que chacun ressasse. À plusieurs reprises, dans l’Évangile, Jésus donne l’assurance que le Père prend soin de tous, comme il prend soin des oiseaux du ciel qui « n’amassent pas dans des greniers » (Matthieu 6, 26). Sainte Thérèse d’Avila avait dans son bréviaire cette petite phrase toute simple : « Que rien ne te trouble, que rien ne t'épouvante, tout passe, Dieu ne change pas, la patience obtient tout ; celui qui possède Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit. »

Deuxième consigne donnée par le Sauveur : « Vendez ce que vous possédez et donnez-le en aumône. » Accumulée pour elle-même, la fortune ne sert à rien, alors que, par les œuvres de charité, chacun peut se constituer un trésor dans le Ciel. « Le dernier pyjama n’a pas de poche » dit la sagesse populaire. Pour donner l’exemple de chrétiens heureux, sachons mettre notre cœur dans les richesses spirituelles, dans nos amitiés, dans nos rencontres, dans notre relation à Dieu, et non dans l’accumulation des choses qui passent.

Enfin, délivrés des soucis du monde, allégés de la surabondance de la société matérialiste, nous pourrons nous conformer à la demande de Jésus : « Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. » C’était le thème de l’Octave 2024 et celui de la visite du pape François au Luxembourg, le 26 septembre de la même année : « pour servir ». Un chef gagne le respect de ceux qu’il dirige quand il a compris qu’il est à leur service et qu’il est le premier à prendre sa part des tâches les plus ingrates. On parle des « ministres » du culte, du « ministère de Pierre » (pour parler de la fonction du Pape). Ces mots aussi renvoient au service : « ministre » vient du latin minister, lui-même dérivé de minus qui signifie « serviteur ». La ceinture autour des reins, c’est être prêt pour la vie active et pratique, pour passer à l’action.

La lampe allumée, c’est d’abord la capacité à discerner. Saint Thomas d’Aquin évoque deux lampes : l’intelligence qui éclaire l’âme, et la doctrine catholique qui répand la lumière dans celles qui nous entourent. Car il nous appartient de répandre autour de nous la lumière du message du Christ. Attendre le retour du Seigneur n’est pas une attitude passive de rêveur perdu dans la contemplation d’un paradis imaginaire. Jésus demande de répandre l’Évangile dans toutes les nations. Telle est la volonté du Maître. Ainsi, la charité la plus essentielle, une fois comblés les besoins fondamentaux des plus démunis, consiste à Le faire connaître.

« À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. » Confiant, sans attachement aux choses matérielles, au service de ses frères, témoin vivant de l’Évangile, tel est le pèlerin d’Espérance qui attend le retour du Christ, prêt à lui rendre, humblement mais sans crainte, les comptes de sa vie.

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