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Priedegten  
3 mai 2021

Quelle voix écouter – la conscience ou la peur ?

Homélie de Milly Hellers (3 mai 2021)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (27,11-26)

On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur, qui l’interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus déclara : « C’est toi-même qui le dis. » Mais, tandis que les grands prêtres et les anciens l’accusaient, il ne répondit rien. Alors Pilate lui dit : « Tu n’entends pas tous les témoignages portés contre toi ? » Mais Jésus ne lui répondit plus un mot, si bien que le gouverneur fut très étonné.

Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que la foule demandait. Il y avait alors un prisonnier bien connu, nommé Barabbas. Les foules s’étant donc rassemblées, Pilate leur dit : « Qui voulez-vous que je vous relâche : Barabbas ? ou Jésus, appelé le Christ ? » Il savait en effet que c’était par jalousie qu’on avait livré Jésus.

Tandis qu’il siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire : « Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste, car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. » Les grands prêtres et les anciens poussèrent les foules à réclamer Barabbas et à faire périr Jésus. Le gouverneur reprit : « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? » Ils répondirent : « Barabbas ! »

Pilate leur dit : « Que ferai-je donc de Jésus appelé le Christ ? » Ils répondirent tous : « Qu’il soit crucifié ! » Pilate demanda : « Quel mal a-t-il donc fait ? » Ils criaient encore plus fort : « Qu’il soit crucifié ! »

Pilate, voyant que ses efforts ne servaient à rien, sinon à augmenter le tumulte, prit de l’eau et se lava les mains devant la foule, en disant : « Je suis innocent du sang de cet homme : cela vous regarde ! » Tout le peuple répondit : « Son sang, qu’il soit sur nous et sur nos enfants ! » Alors, il leur relâcha Barabbas ; quant à Jésus, il le fit flageller, et il le livra pour qu’il soit crucifié.


Chers frères et sœurs,

Le thème de ce jour est « Quelle voix écouter – la conscience ou la peur ? »

Difficile question ! Peut-être avons-nous été victimes ou témoins d’une injustice et… c’était clair pour nous : cela ne doit pas avoir lieu.

À ce propos, je pense à la génération de la Seconde Guerre mondiale où des personnes ont risqué leur vie en cachant des jeunes – ou en les aidant à se réfugier.

Ou de nos jours – des personnes qui osent dévoiler des scandales, qui s’engagent pour l’état de droit, et se mettent – eux-mêmes et leur famille – en danger. Les concernés étaient et sont bien conscients que : « …cela sera dangereux pour moi et pour ma famille ! »

Nous rencontrons une situation similaire dans le texte biblique d’aujourd’hui où Pilate, le gouverneur désigné par l’Empereur, a fait le procès de Jésus avant la mort de celui-ci. Il avait certainement tout intérêt à être favorable à l’Empereur.

Quelques mots sur le contexte biblique : après 3 ans de vie publique, Jésus est revenu à Jérusalem. En tant qu’« ambassadeur » de Dieu, il a rassemblé les personnes, guéri et consolé, appelé et envoyé – et – il a fait le ménage dans le Temple. Il a, quand c’était nécessaire, remis à leur place les responsables politiques et religieux. Pour ces derniers, il a été une épine dans l’œil. C’est bien la raison pour laquelle il fut condamné.

Quand Jésus est arrivé à Jérusalem, il savait ce qui l’attendait. Par amour pour son Père – et par amour pour nous ! – il est allé jusqu’au bout de son chemin.

La véritable accusation était de nature religieuse mais n’était pas punissable par le droit romain, ce que savaient les grands prêtres et les anciens. Ils voulaient se débarrasser de lui. C’est pourquoi ils ont cherché d’autres motifs et l’ont accusé :

  • d’avoir manipulé le peuple et par là être un risque pour la paix civile – alors qu’eux-mêmes ont « échauffé » le peuple…,
  • d’avoir incité le peuple à ne pas payer l’impôt – et par conséquent de provoquer des pertes financières pour l’empire,
  • de se proclamer lui-même roi –un danger pour l’empereur.

Ainsi ont-ils échauffé et manipulé le peuple. Et cette population sous l’occupation romaine s’est aussi laissé manipuler. À la question de Pilate « Quel mal a-t-il donc fait ? » n’est venue aucune réponse. Jésus a dérangé – c’était la raison !!

Pilate n’était pas très à l’aise avec cette situation. Il voulait s’en sortir sans perdre la face. Il voulait libérer Jésus pour la Pâque – le peuple n’était pas d’accord.

Alors en plus, la femme de Pilate est intervenue et lui a demandé de libérer Jésus. À un moment où Jésus, innocent, a été accusé par ses compatriotes et délaissé par ses amis, une femme païenne prend sa cause. Pilate aurait pu dire : « Jésus n’a rien fait de mal – je ne le condamne pas. » Mais cela lui aurait coûté la tête. Pour ne pas perdre la face, il s’est lavé les mains pour ainsi exprimer : « Je ne suis pas responsable de ceci, ce sont vos affaires. » Mais peut-on ou a-t-on le droit de se déresponsabiliser ainsi ?

La situation est impossible. Il y a ceux qui ont tiré les ficelles, apparemment des super religieux qui réclament le respect des règles et des lois, mais ceci seulement pour les autres. Mais ils n’ont pas de problème pour manipuler la population et ainsi se débarrasser de Jésus qui les a dérangés.

La peur de Pilate pour sa propre carrière a été plus grande que sa conscience. Mais le peuple qui a chanté « Hosanna » lors de l’entrée de Jésus à Jérusalem porte aussi sa responsabilité. Maintenant ils crient le contraire. S’ils avaient proclamé NON, comment cela se serait-il terminé ? Et nous – qu’aurions-nous fait ?

Tous ces êtres humains ont rencontré Jésus. Les uns sont devenus des témoins courageux, d’autres de pauvres traîtres. Jusqu’à nos jours de toute actualité.

Nous avons été – je l’espère – jusqu’à présent épargnés par de telles situations extrêmes. Mais nous avons aussi certainement déjà eu des difficultés avec des commentaires populistes sur les réfugiés, les étrangers, l’Église ou autres sujets de société.

Si dans notre entourage nous entendons de tels commentaires, quelle voix écoutons-nous ? La conscience ou la peur ? Que voudrions ou devrions-nous évtl. faire, mais par peur, nous n’osons pas. Peur de quoi ? Peur de qui ? Pourquoi ?

Dans un temps de silence, nous prions le Seigneur pour le courage et la force de dire – là où c’est nécessaire – ce qui doit être fait pour le bien-être et la protection des personnes concernées.

Silence - musique d’orgue méditative

Sainte Marie, Mère de Dieu, Consolatrice des Affligés, priez pour nous. Amen.

Traduction : Christine et Jimmy Kirchen-Vallée

 
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