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Priedegten  
28 avril 2021

Une relation qui ouvre de nouvelles perspectives

Homélie de Milly Hellers (28 avril 2021)

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 9,9-13)

Jésus partit de là et vit, en passant, un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de collecteur d’impôts. Il lui dit : « Suis-moi. »

L’homme se leva et le suivit. Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples.

Voyant cela, les pharisiens disaient à ses disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que signifie : Je veux la miséricorde, non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »


Chers frères et sœurs,

Le sujet d’aujourd’hui concerne « Une relation qui ouvre de nouvelles perspectives ».

Beaucoup d’entre nous ont travaillé ou travaillent encore dans la vie professionnelle. D’aucuns ont accompli leur activité initiale avec joie leur vie durant. D’autres auraient voulu changer d’emploi ou l’ont fait. Dans l’évangile d’aujourd’hui nous faisons connaissance avec Matthieu dont la vie professionnelle est changée de fond en comble grâce à une rencontre inattendue.

Matthieu était un publicain. Il était percepteur d’impôts pour l’occupant romain. Par sa fonction, il était proche des détenteurs du pouvoir, ce qui peut représenter des avantages par moments. Mais il y a risque que cette façade rutilante cache – aujourd’hui comme jadis – une certaine pauvreté.

Les publicains avaient mauvaise réputation. Leur situation pourrait être comparée à celle des collaborateurs luxembourgeois pendant l’occupation nazie de la Seconde Guerre mondiale. Ils se sont remplis les poches avec les impôts que les petites gens devaient péniblement économiser sur la nourriture – c’est du moins ce que l’on pensait.

Matthieu se tenait derrière son guichet et les gens venaient le trouver sinon ils se seraient rendus coupables. Il calculait la somme qu’ils avaient à payer. Sans doute la solitude inhérente à cette tâche soulève-t-elle la question du sens existentiel et a-t-elle laissé au cœur de Matthieu un grand vide. En arrière-plan de cela, nous voyons Jésus se diriger vers Matthieu. Il lui dit : « Suis-moi ! » Viens et deviens mon disciple. J’ose affirmer que Jésus a vu en Matthieu un être différent de celui que voyaient ses contemporains. Pour Jésus il n’était pas qu’un collaborateur romain. Il a rencontré Matthieu comme un frère qui possédait beaucoup d’argent mais qui, stigmatisé par les gens, était assis tout seul derrière son guichet de collecteur d’impôts.

Et Matthieu ? Voilà que Jésus, cet inconnu, lui a ouvert la porte pour un nouvel avenir auquel il aspirait peut-être depuis longtemps. Une porte s’ouvrait enfin pour sortir de tout ce mal-être. La réponse positive de Matthieu ne peut être en tout cas expliquée autrement : Non seulement il laisse derrière lui son bureau des taxes pour suivre Jésus, mais encore il l’invite chez lui dans sa maison avec tous ses collègues percepteurs. Ce qui signifie qu’il reconnaît publiquement sa nouvelle orientation. Accomplir un tel geste, jadis comme aujourd’hui, relève de beaucoup de courage.

Quelle est cette rencontre avec Jésus ? Qu’a-t-elle pu déclencher en lui pour qu’il abandonne et quitte tout pour le suivre ? Matthieu avait-il entendu parler de Jésus mais sans pour autant imaginer que celui-ci allait l’appeler, lui Matthieu, le grand pécheur ?

Et enfin, il reste encore l’entourage de Matthieu. À peine Jésus s’est-il attablé avec celui-ci et ses collègues que monte une onde de protestations de la part des pharisiens. Au lieu de confronter directement Jésus avec leurs critiques, ils s’adressent à ses disciples derrière son dos. Mais pourquoi donc ne lui parlent-ils pas en personne ? Ils auraient pu se réjouir avec Matthieu de sa prise de conscience et du fait qu’il a entraîné d’autres sur ce nouveau chemin. Point d’humanité ! – rien que la Loi ! De plus cela donne l’impression que seuls les pharisiens détiennent la vérité.

Cependant Jésus ne se laisse pas intimider par eux : Il laisse les cent brebis pour se mettre en recherche d’une seule perdue. Il ne prêche pas de pieuses paroles mais conforme ses actes à ce qu’il affirme. « C’est la miséricorde que je veux et non le sacrifice. Car je suis venu pour appeler les pécheurs et non pas les justes. » Jésus souhaite que ceux qui le professent aient un cœur ouvert aux pauvres et aux exclus. Il veut partager la table avec ceux qui se sont égarés et avec ceux qui ont péché afin de les guérir par amour, c’est là le BUT de sa mission.

Le repas avec Matthieu confronte notre Église avec la question de savoir à qui nous laissons le droit de s’asseoir à notre table. Jésus a accepté l’invitation de Matthieu et par ce biais lui a sans doute communiqué la réconciliation ainsi que de nouvelles perspectives. Mais qui donc aujourd’hui peut se mettre à table avec Jésus ? Est-ce que partager la table avec lui ne représenterait pas une gratification pour les personnes prétendument infaillibles ? Mais soyons francs, Jésus ne se retrouverait-il pas tout seul… ? Sa grande liberté nous place aussi face à nous-mêmes : comment aurions-nous réagi / comment aurais-je réagi jadis comme aujourd’hui ?

Je propose un moment de silence durant lequel nous sommes invités à jeter un regard rétrospectif sur notre vécu personnel et à confier à Jésus nos intentions :

  • Argent et fortune – quelle place occupent les biens matériels dans mes relations à autrui ?
  • Y a-t-il des étapes de ma vie dont je ne suis guère fier et au sujet desquelles je pourrais ou voudrais maintenant encore changer quelque chose – ou bien même devrais-je le faire ?
  • N’y aurait-t-il pas dans mon entourage un être comme Matthieu qui attend de moi un geste ou une parole de guérison, de pardon ou de compassion ?

Silence – musique méditative

Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pêcheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.

Traduction : Paul Lanners

 
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