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Ofdreiwung . Avortement  
6 juillet 2011

Y avez-vous déjà pensé ? - Quelle joie de pouvoir vivre !

Lettre ouverte de la Commission Diocésaine pour la Pastorale Familiale concernant l’avortement

Par cette lettre, nous soumettons aux habitants du Luxembourg et aux représentants du peuple quelques réflexions concernant « le projet de loi relatif à l’information sexuelle, à la prévention de l’avortement et la réglementation de l’interruption de la grossesse ». Elle vise à proposer à la société à laquelle nous appartenons, une réflexion sur un sujet controversé qui touche nos convictions profondes. Nous ne prétendons pas détenir la vérité. Nous sommes des femmes et des hommes, qui essayent, dans le respect de leurs différences, de partager ce qui les anime et faire avancer la réflexion, sans vouloir juger des personnes et leurs décisions prises en âme et conscience.

L’être humain est un être relationnel

Nous avons la profonde conviction que l’être humain est un être relationnel. A nos yeux, la personne ne se laisse pas réduire à sa seule individualité ; elle implique essentiellement la capacité d’entrer et de vivre en relation avec les autres. Concevoir la grossesse uniquement comme un état individuel de la femme, en la mettant à l’écart de la relation femme-homme, du contexte familial, voire sociétal, ne revient-il pas à dépouiller la grossesse de son contexte relationnel, profondément humain ?

Egalité des chances et responsabilités

Arrêtons-nous un instant à la question suivante : Existe-t-il vraiment une égalité des chances pour tous les membres de la société et ceux qui peuvent le devenir - et dans ce cas précis - l’enfant à naître ?

Le principe que « personne ne peut disposer de la vie de l’autre », devrait – nous l’espérons – trouver le consentement d’une très large part de la population vivant au Luxembourg. Une deuxième affirmation consensuelle est, nous semble-t-il, que l’« émancipation » des uns, sans viser en même temps l’égalité des relations, ne peut se faire qu’aux dépens des autres. En vertu du respect de la dignité égale pour tous, est-il concevable de sacrifier, au nom de la liberté de la femme de disposer de son corps, la vie d’un être humain en train de se développer ?

Nous partageons l’avis de scientifiques, selon lesquels la vie commence dès la fécondation. A partir de ce moment, cette vie est digne d’être protégée et la femme devrait pouvoir compter sur l’appui de la société en cas de détresse. Nous espérons que le législateur se prononce sans équivoque pour la protection de la vie à naître.

Prôner comme seul critère – absolu – la liberté de la femme de disposer de son corps ne revient-il pas à déresponsabiliser celle-ci des conséquences de ses actes ? Et l’homme, père de l’enfant, est-il exempt de toute responsabilité de ses actes ? Cette attitude est-elle vraiment en faveur de la dignité de la femme ?

Pour une relation affective et sexuelle responsable

Afin de prévenir les grossesses involontaires, il convient de mettre en pratique une information sexuelle basée sur une relation affective et sexuelle responsable. Outre les techniques de contraception, éduquer les jeunes au respect de l’intégrité de leur propre corps et de celui d’autrui nous semble primordial afin de les préparer à une attitude sexuelle saine et épanouie. Préparer des formateurs et promouvoir une telle éducation sexuelle et affective est à nos yeux une priorité urgente.

L’autorité parentale contournée

Il faut espérer que cette prise de conscience évite aux filles mineures le contournement de l’autorité parentale pour demander l’avortement, « clandestinement » par rapport à leurs parents. En effet le projet de loi préconise aux filles mineures d’agir ainsi, sans prendre en considération la grave déstabilisation de la relation parents-enfant et la déstructuration générale du tissu familial qu’une telle pratique ne manquerait pas d’entraîner ou d’aggraver.

La deuxième consultation

Un point hautement discuté est « la deuxième consultation obligatoire ». La première consultation auprès d’un médecin est indispensable. Le projet de loi préconise une deuxième consultation auprès d’un service agréé, la démarche devant être à finalité ouverte. Les esprits se divisent sur l’opportunité de cette dernière consultation. Les uns n’en veulent pas du tout, certains autres désirent qu’elle soit simplement une offre à saisir par la femme enceinte, et d’autres encore plaident pour qu’elle soit obligatoire.

Nous plaidons pour une consultation obligatoire pour deux raisons :

1. Cette deuxième consultation à finalité ouverte pour toute femme doit avoir un caractère informatif.

Affirmer à priori que toute femme est toujours en possession des informations nécessaires sur les choix et les aides possibles, les démarches administratives à entreprendre ainsi que les textes législatifs afférents ne correspond pas à la réalité. Afin que la femme enceinte en conflit et en détresse puisse prendre sa décision de manière responsable, cette consultation devrait donc inclure une information précise non seulement sur les droits et les aides possibles pendant la grossesse, sur la législation en vigueur, ainsi qu’une présentation objective de ce qui va se passer dans son corps au cours d’un éventuel avortement, mais encore des renseignements sur toutes les possibilités d’aide, d’appuis et d’accueil accessibles après avoir mis l’enfant au monde.

2. Nous sommes convaincus que l’avortement est bien plus qu’une simple intervention médicale, mais a une forte implication et retombée psychologique. Voilà pourquoi nous plaidons qu’en plus de la dimension informative, cette consultation soit un lieu d’écoute professionnelle qui permette à la femme en détresse de se confier, d’être entourée dans la prise de décision et d’être aidée à affronter les conséquences qu’elle entraîne.

Il va de soi que s’il y a obligation de consultation, le choix du service professionnel pour cette consultation doit être libre. Cette deuxième consultation obligatoire n’est foncièrement pas une démarche thérapeutique.

L’appui avant et après la décision prise

Une option à l’issue d’une consultation à finalité ouverte est que la femme décide de mener sa maternité à terme. Dans ce cas, il est opportun de revoir les aides à disposition des femmes en détresse et d’évaluer les capacités des structures et organismes à offrir un accompagnement efficace et de qualité. En effet, le nombre d’avortements dans notre pays ne correspond-il pas aussi à un manque d’appui aux femmes en détresse ?

Ne faudrait-il pas en outre favoriser l’adoption, en rendant plus facile la possibilité pour la femme enceinte qui ne veut pas garder son enfant, de libérer le nouveau-né pour l’adoption juste après l’accouchement ?

Dans le cas de la décision de la femme pour l’avortement, il importe de lui proposer un accompagnement après l’intervention, afin de lui éviter de sortir d’une détresse pour tomber dans une autre. Des études récentes montrent que des femmes ayant subi un avortement sont souvent sujettes à des séquelles, psychologiques ou autres, même à long terme.

Plaidoyer pour la vie

Profondément convaincus de la valeur intrinsèque de la vie familiale pour la société, nous estimons que la meilleure prévention de l’avortement est l’appui aux familles dans toutes les étapes de leur vie. Il conviendrait entre autres de renforcer la capacité relationnelle entre femmes et hommes et favoriser un tissu social de partage et d’entraide. Intensifier le développement d’une politique familiale solidaire, en incluant la réflexion et l’expérience des familles, tout en partant de celles qui sont les plus fragilisées, nous semble le meilleur garant pour oser dire « oui » à la vie.

Nous voulons partager ces considérants pour promouvoir le discernement responsable de toute femme et de tout homme par rapport à la vie naissante. Nous souhaitons fournir des éléments de réflexion et susciter des questions permettant d’alimenter un débat juste et circonspect. Nous espérons sensibiliser à nos convictions profondes ceux qui devront prendre la décision à la Chambre.

Ainsi nous avons osé élever la voix en faveur d’une promesse de vie, encore sans voix. Pour que demain nous puissions l’entendre dire : Quelle joie de pouvoir vivre !

Luxembourg, le 8 juillet 2011

Les membres de la Commission

Michel et Patty Bingen-Fischback,
Christine Bußhardt,
Renato Cescutti,
Maria Madalena Da Silva Santos,
Pascal et Michèle Garin-Stein,
Milly Hellers, Fernand Huberty,
Martine Jungers,
Christine et Hubert Marx-Heck,
Martin Molitor,
Marie-Christine Ries,
Mathias Schiltz,
Ingrid Scholzen,
Nico Turmes,
Guillermo Urquizo Vasquez

Y avez-vous déjà pensé ? - Quelle joie de pouvoir vivre !
PDF 60.2 ko, 11 juillet 2014
 
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