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Année A  
30 juin 2017

La récompense, c’est Dieu lui-même

13e dimanche ordinaire : Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,37-42

L’évangile de ce dimanche est la dernière partie du discours adressé par Jésus aux disciples qui vont partir en mission. En lisant ce texte nous découvrons que Jésus leur explique les conditions pour le suivre. Il s’agit d’un même appel, celui des choix nécessaires, des renoncements exigés par fidélité à lui et à l’évangile. Il faut même envisager la croix, si l’on opte pour une communauté de destin avec Jésus. Tous les chrétiens ne peuvent pas être des missionnaires engagés en permanence, mais ils ont le devoir de témoigner du Christ partout où ils sont. Cela signifie qu’ils doivent faire des choix et avoir des priorités afin de pouvoir témoigner du Christ partout où ils sont. Cette exigence radicale est liée à leur condition de baptisés.

En ce temps-là, Jésus disait à ses apôtres : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi, n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera. Qui vous accueille, m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste. Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. » (Mt 10,37-42)

« Celui qui aime son père et sa mère plus que moi, n’est pas digne de moi ». Comment comprendre ce que signifie « aimer plus » et l’interpréter correctement ? À ceux qui ont répondu à son appel, qui ont fait le choix de le suivre et de l’annoncer, le Christ demande le renoncement à des affections concurrentes (Mt 10,37 ; Luc 14,26) et à leurs propres sécurités, puisqu’il s’agit de suivre un Crucifié. Le disciple doit accepter de perdre ses sécurités familiales, d’assumer l’humiliation, en communauté de destin avec Jésus qui a renoncé à sa propre vie. Aimer quelqu’un, qui que ce soit, plus que le Christ, c’est mettre le Christ sur le même plan que cette personne. Or, entre l’amour des parents, des proches et l’amour que nous portons au Christ et à Dieu il y a changement de niveau. Pourquoi finalement aimons- nous le Christ ? Parce qu’en lui nous apprenons que Dieu est Amour et parce que, par lui et en lui, nous recevons le pouvoir de sortir de nous-même pour aimer vraiment. Aimer ses parents, ses proches ou sa vie plus que le Christ, c’est en réalité ne pas les aimer assez ; car c’est dans le Christ qu’est la vie et l’amour.

Pour bien comprendre ce texte, il faut se souvenir que l’évangéliste écrit dans une Eglise menacée, dans une société où choisir le Christ crée des conflits avec parents et amis ; cela n’a d’ailleurs pas beaucoup changé. Il y a même des lieux où se prononcer pour le Christ et l’Évangile entraîne la prison et la mort. Mais aussi en dehors d’un contexte de persécutions violentes il peut arriver qu’en famille et avec les amis les plus proches il soit difficile de témoigner de ses convictions. Il faut parfois du courage pour ne pas faire comme les autres, aller à la messe le dimanche, se marier à l’église ou faire baptiser ses enfants, alors qu’autour de soi cela ne se fait plus.

« Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas, n’est pas digne de moi. Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera. » Que signifiait pour Jésus « prendre sa croix » ? Jésus exprime ici la conscience qu’il a de la persécution qui l’attend, lui et tous ceux qui prendront sa suite. Il s’agit de l’identité entre le maître et le disciple (Mt 10,24-25) car, si les disciples vont au bout du témoignage, ils courront inévitablement le risque de rencontrer l’hostilité et les persécutions. Jésus leur a bien dit : « Le serviteur n’est pas plus grand que son maître ; s’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi » (Jn 15,20). Jésus termine son discours par quelques phrases sur l’accueil. « Qui vous accueille, m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. » Jésus veut encourager ses disciples, car recevoir son disciple, son envoyé, c’est le recevoir, et en lui Dieu lui-même. Le disciple peut être reçu en sa qualité de prophète ou de juste. Mais mieux vaut qu’il soit accueilli comme « un de ces petits », un simple disciple. L’envoyé doit donc se comporter de telle manière qu’à travers lui ce soit bien le Christ que l’on découvre. La « récompense », c’est Dieu lui-même.

Charlotte LANGEHEGERMANN
 
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