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Année A  
13 janvier 2017

Voici l’Agneau de Dieu

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 1,29-34

Grünewald Mathias. Retable d’Issenheim 1515. Jean Baptiste pointe le doigt vers le Christ.

Lorsque sur les rives du Jourdain, Jean Baptiste voit Jésus venir à lui, il s’exclame : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ». (Jn 1,29) Il avoue pourtant qu’il ne le connaissait pas avant son baptême dans le Jourdain. L’Esprit lui permet de connaître vraiment Jésus. Il n’est pas seulement de sa parenté ; il est Fils de Dieu. Seul, l’Esprit le fait passer de sa vision à sa connaissance. Jésus n’est pas seulement un personnage de l’histoire humaine, un homme exceptionnel dont nous nous ferions une idée à force d’étude et de réflexion. On ne peut le reconnaître que lorsque Dieu lui-même nous le révèle, et personne ne peut le connaître s’il n’a le cœur ouvert aux signes de l’Esprit.

En ce temps-là, voyant Jésus venir vers lui, Jean le Baptiste déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël ». (Jn 1,29-31)

La liturgie de ce dimanche, nous fait assister au témoignage de Jean Baptiste qui désigne Jésus comme « Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (1,29) et comme « Fils de Dieu ». Les deux titres du Christ : « Agneau de Dieu » (Jn 1,29) et « Fils de Dieu » (Jn 1,34) encadrent le passage de l’évangile de Jean que nous méditons aujourd’hui.

Qu’entend l’évangéliste Jean par « Agneau de Dieu » ? Le terme « agneau » vient de l’Ancien Testament et évoque les rites de la Pâque juive. L’image de l’agneau pascal est le symbole de la libération du peuple juif de l’esclavage de l’Égypte (Ex 12,1-28). L’appellation « agneau » fait aussi penser au serviteur souffrant, dont parle le prophète Isaïe (Is 52,13-53,12). Le serviteur souffrant est celui qui assume les péchés de la multitude et qui innocent, s’offre comme un agneau. L’image annonce la mort à venir de Jésus (Jn 19,14.36). Jésus n’est pas une nouvelle victime cultuelle, il s’est mis volontairement entre les mains des hommes : « Ma vie, personne ne me l’enlève mais je la livre de moi-même » (Jean 10,18). Jésus est « l’Agneau » du fait que, à elle seule, sa venue supprime, de la part de Dieu, la nécessité des rites par lesquels, Israël devait toujours à nouveau renouer son lien existentiel avec Dieu. Constatant la venue du Christ, (Jn 1,29) Jean le Baptiste exprime en une image prégnante qu’avec Jésus Dieu accorde la plénitude du pardon à Israël et au monde. Jésus est celui par qui Dieu intervient en offrant aux hommes la réconciliation parfaite avec lui-même. Les premiers chrétiens et l’évangéliste Jean entendaient sous l’appellation « Agneau de Dieu » : aussi bien l’Agneau donnant sa vie par fidélité à Dieu et aux hommes (Jn 10,18) que l’Agneau vainqueur de l’Apocalypse (Ap 5,6.12), ou encore l’Agneau pascal libérateur (1Pierre 1,18-19 ; Jn 19,36 ; 1Cor 3,7-8).

Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : « Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint ». Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le « Fils de Dieu » (Jn 1,32-34).

Après avoir désigné en Jésus l’Agneau de Dieu, Jean Baptiste témoigne de la supériorité du Christ et de sa dignité qui le situe au-delà de toute position concevable : « l’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était » (Jn 1,30). Cette phrase nous dit que « l’antériorité » de Jésus remonte par-delà le temps historique, jusque dans la préexistence absolue du Verbe de Dieu (Jn 1,1-2). La reconnaissance par le Baptiste a eu lieu lors du baptême de Jésus (Mc 1,10-11 ; Mt 3,16 ; Luc 3,21-22), à travers l’illumination qu’il dit avoir reçue du fait qu’il a vu l’Esprit descendre et demeurer sur l’homme Jésus. (Jn 1,32-33) Jean a vu et reconnu ; alors il contemple le mystère du Christ, Fils de Dieu sur qui demeure l’Esprit Saint, l’Agneau dont le sang réconcilie l’humanité avec Dieu. Le témoignage du Baptiste conserve une valeur permanente. C’est Jésus en personne qui est la source de l’Esprit pour les croyants. L’activité baptismale du Baptiste préfigure le baptême chrétien. La décision de croire et la relation vivante qui s’établit avec le Christ transforme l’être humain en profondeur. Le titre de « Fils de Dieu » rejoint le titre de « Fils unique » mis en valeur dans le prologue de Jean. (Jn 1,18) L’évangile d’aujourd’hui nous invite à approfondir notre foi au Christ. (Jn 20,31) Le Christ nous apporte la possibilité de nous libérer de l’engrenage du péché. Si nous restons greffés résolument sur lui dans toutes les circonstances de notre vie, si nous nous laissons en permanence guider par l’Esprit Saint dans lequel nous sommes plongés depuis notre baptême, nous pouvons découvrir en nous cette liberté nouvelle. Nous pouvons vivre comme lui l’amour, la gratuité, le pardon.

Charlotte LANGEHEGERMANN
 
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