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Année C  
11 décembre 2015

Jean Baptiste prépare les foules à la venue du Messie

Lecture du 3e dimanche de l’Avent selon l’approche de la rhétorique sémitique de Roland Meynet

Dans l’évangile de ce dimanche Jean Baptiste annonce la bonne nouvelle de la venue du Règne de Dieu qui va se manifester en Jésus. Son succès est grand et des foules nombreuses viennent à lui. Jean invite et convoque tous ceux qui l’entendent à agir dans le présent. Personne ne doit rester les bras croisés mais participer à la venue du Seigneur. Jean est libre et il suscite la liberté chez ses interlocuteurs en leur proposant d’agir. La justice à laquelle il appelle les foules il est le premier à la mettre en pratique. Jean payera sa justice de sa liberté (3,20) et bientôt de sa vie (9,9). Il précédera Jésus en donnant sa vie pour le rétablissement de la justice.

En ce temps-là les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : « Que devons-nous faire ? » Jean leur répondait : « Que celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! » (3,10-11).

La prédication de Jean et son baptême de conversion offrent « la rémission des péchés ». Seuls ceux qui se reconnaissent pécheurs vont l’écouter dans le désert et se faire baptiser dans les eaux du Jourdain. Ceux qui se croient justes sont absents ; c’est pourquoi scribes et pharisiens ne sont pas nommés (7,30). Le désir de conversion des « foules » auxquelles Jean prêche se manifeste dans leur unique question « Que devons–nous faire ? » pour être pardonnées. Jean les accueille tous sans distinction : les foules ignorantes (3,10) qui devraient savoir ce qu’il leur faut faire si elles connaissaient la Loi. Jean accueille aussi les soldats habitués à toute sorte d’abus (3,14). Et jusqu’aux publicains (3,12) bien connus de tous comme pécheurs publics. Jean les accueille tous, et répond également à leurs questions.

Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) vinrent aussi pour être baptisés ; ils lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. » Des soldats lui demandèrent à leur tour : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Ne faites violence à personne, n’accusez personne à tort ; et contentez-vous de votre solde. » Or le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ (3,12-15).

Jean indique une seule loi pour tous. La question de ceux qui vont se baptiser est identique : « Que devons-nous faire ? » Quoique différente selon les interlocuteurs, la réponse du prophète exige en fait une seule et même chose : Jean n’impose ni jeûne, ni prières, ni sacrifices ; il requiert seulement la justice. Tous en effet sont pécheurs : non seulement ceux qui utilisent la force des armes ou du pouvoir pour dépouiller les autres du nécessaire, les publicains qui exigent plus que ce qui leur a été fixé (3,13), les soldats qui ne se contentent pas de leur solde (3,14), mais aussi tous ceux qui ne partagent pas leur superflu avec ceux qui manquent de vêtement et de nourriture (3,11). En effet, celui qui se contenterait de ne pas voler, mais ne rétablirait pas la justice avec son prochain, ne serait pas moins pécheur que les voleurs de profession.

Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je n’ai pas le droit de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier : quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas ». Par beaucoup d’autres exhortations encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle (3,16-18).

Le peuple attend le Messie. Jean ressemble à s’y méprendre à l’image qu’on se fait du Christ d’après ce qu’avaient annoncé les prophètes. Aussi met-il les choses au point de manière très ferme. Il n’est pas question pour lui de supplanter celui dont le droit est plus grand que le sien, même s’il vient après lui dans le temps (3,16). Comment pourrait-il envisager de déchausser celui qui est plus fort que lui ? Sa mission à lui est de préparer le peuple en le lavant de ses souillures dans « l’eau » du baptême de conversion pour la rémission des péchés. Il baptise dans l’eau qui purifie, pas dans l’Esprit Saint et dans le feu.

Pour qualifier la prédication de Jean, saint Luc emploie le verbe « évangéliser » c’est-à-dire « annoncer la bonne nouvelle ». Celui que Jean précède et dont il annonce la venue imminente, ce Messie que tout le peuple attend (3,15) n’est pas désigné par Jean et Isaïe autrement que comme « le Seigneur », « Dieu » à qui seul appartient « le salut » et le jugement. Dieu s’est manifesté dans celui dont le nom signifie « Sauveur », ce Jésus qui est venu après Jean mais qui le dépasse de beaucoup. Ce Jésus qui est sur le point de surgir est présenté sous les traits de Seigneur Dieu, Époux et Juge, Roi de son peuple.

Source : Roland Meynet, L’Évangile de Luc, éditions Lethielleux, 2005, ISBN 2-283-61239-X.

Roland Meynet est professeur émérite de théologie biblique de l’Université Grégorienne à Rome, auteur de plusieurs ouvrages et e.a. directeur de la revue Gregorianum.

Charlotte LANGEHEGERMANN
 
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