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Année C  
8 janvier 2016

Jésus est baptisé (Luc 3,15-16. 21-22)

Lecture du Baptême du Seigneur selon l’approche de la rhétorique sémitique de Roland Meynet

Avec l’Évangile lu pour la fête du Baptême du Seigneur la période du précurseur s’achève, une ère nouvelle commence. Le Christ qui est annoncé par les prophètes vient accomplir le projet de salut de Dieu. Il inaugure sa mission d’annonce de la Bonne Nouvelle du salut pour tous ceux qui accepteront de le suivre et de croire en lui.

En ce temps-là, le peuple venu auprès de Jean le Baptiste était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ. Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau, mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu » (3,15-16).

La mission de Jean-Baptiste était de préparer le chemin du Seigneur, d’ouvrir la porte au Christ. Dans sa prédication, il a annoncé la venue imminente du Christ : « il vient, celui qui est plus fort que moi ». (3,15). L’expression « plus fort » est un titre messianique par lequel Jean désigne le Messie, comme l’avait annoncé le prophète Isaïe (Es 9,5 ; 11,2).

« Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu ». Jean Baptiste oppose le baptême d’eau au baptême « dans l’Esprit Saint et le feu » ; le feu est une image biblique pour le jugement de Dieu. À la Pentecôte, l’Esprit Saint descendra sur les disciples comme des langues de feu (Ac 2,1-4).

Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve toute ma joie » (3,21-22).

En se présentant pour recevoir le baptême de Jean, Jésus se soumet à la volonté de son Père, il se range humblement parmi les pécheurs (3,21). Le baptême de Jésus dans le Jourdain annonce et prépare son baptême « dans la mort » (12,50). Jésus est le « serviteur du Seigneur » qui porte les fautes qu’il n’a pas commises, en étant baptisé dans les eaux de la mort (Is 52,13-53,12). Jésus vient se rendre solidaire des pécheurs et il préfigure par ce rite l’heure où il prendra le visage de notre mal et de notre détresse. « Celui qui n’avait pas connu le péché, dira saint Paul, Dieu l’a fait péché pour nous, afin qu’en lui nous devenions justice de Dieu » (2 Co 5,21).

« Après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit ». Au sortir des eaux baptismales, Jésus reste en relation avec Dieu dans la prière. On retrouvera Jésus en prière à tous les moments importants de son ministère à venir Les paroles descendues du ciel, comme en réponse à la prière de Jésus permettent de comprendre que cette prière est celle d’un fils à son Père. Dieu le reconnaît devant tout le peuple comme « son Fils bien-aimé ». (3,22).

Le peuple est associé à la manifestation divine, il est témoin de la consécration de Jésus. « L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus » (3, 22). L’Esprit, qui du ciel descend sur Jésus prend possession de lui de façon toute spéciale pour la mission qu’il s’apprête à inaugurer. La venue de l’Esprit sur Jésus est une investiture qui répond aux prophéties d’Isaïe (11,2 ; 42,1) ; elle est en même temps l’annonce de la Pentecôte, qui inaugurera le baptême dans l’Esprit pour l’Église (Ac 1,5 ; 11,16), pour tous ceux qui croient.

Il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie » (3,22). La voix divine prononce une citation du Ps 2. Le fait que cette parole soit prononcée par le Père en fait la révélation par excellence du mystère du Christ. Il est caractéristique que la citation du psaume 2 soit utilisée à la fois pour la naissance du Christ, pour son baptême et pour la Résurrection (Actes 13,33 ; Hébreux 1,5).

Avec Jésus, c’est Dieu lui-même qui est venu habiter notre terre, rassembler tous les peuples dans la nouvelle Alliance, proposant à tous ceux qui l’accueillent et qui croient en Lui la filiation divine (Jn 1,12-14). La filiation divine de Jésus n’aurait aucun sens si elle n’était pas la voie de la filiation de chaque homme. Cette page d’évangile manifeste le mystère de Dieu Trinité, elle exprime l’unité parfaite, sans confusion des personnes, entre le Père, le Fils et le Saint Esprit. Le baptême de Jésus inaugure le nôtre qui nous fait participer à la vie même de Dieu. Incorporés au Christ, nous devenons par la grâce de l’Esprit, frères et sœurs de Jésus et fils et filles bien-aimés du Père.

Source : Roland Meynet, L’Évangile de Luc, éditions Lethielleux, 2005, ISBN 2-283-61239-X.

Roland Meynet est professeur émérite de théologie biblique de l’Université Grégorienne à Rome, auteur de plusieurs ouvrages et e.a. directeur de la revue Gregorianum.

Charlotte LANGEHEGERMANN
 
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