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Année C  
24 novembre 2015

L’attente de la venue du Fils de l’homme (Lc 21,25-28.34-36)

Lecture du 1er dimanche de l’Avent selon l’approche de la rhétorique sémitique de Roland Meynet

Le temps de l’Avent offre au chrétien un chemin propre à renouveler sa foi et à réveiller son espérance. L’évangile du premier dimanche de l’Avent a une tonalité grave. La vision d’un monde en proie à ses difficultés invite à vivre dans l’attitude fondamentale de la prière pour tenir dans l’épreuve de la foi. Fidèle à son alliance, Dieu n’abandonne jamais l’homme, il tient parole.

En ce temps-là, Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre délivrance approche » (21,25-28).

Jésus s’adresse à ses disciples qui partageront le sort de leur peuple et subiront la dévastation de Jérusalem. Avec toutes les nations ils auront à traverser les affres de l’épreuve générale. Après le cataclysme universel et la venue du Fils de l’homme, ce sera le temps du règne de Dieu. La venue du Fils de l’homme sur les nuées du ciel (21,27) reprend ce qui est écrit dans le livre du prophète Daniel (Dn 7,13-14). Le Fils de l’homme est présenté comme recevant de Dieu une royauté éternelle. Les disciples verront revenir sur la nuée celui qu’ils auront suivi. Ils seront rassemblés autour de Jésus désormais revêtu de la puissance et de la gloire de Dieu.

Toutes les nations « verront » (21,27) venir le Fils de l’homme sur la nuée. L’avènement du Fils de l’homme concerne l’humanité entière. Jésus est le roi universel dont le règne n’aura pas de fin. Les peuples qui l’auront reconnu pour leur roi, les nations qui le verront et accepteront sa puissance et sa gloire seront libérés de leur peur et leur attente sera comblée.

« Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et vous tenir debout devant le Fils de l’homme » (21,34-36).

Les paroles de Jésus sont un appel à la vigilance adressée aux disciples et à chacun de nous aujourd’hui. Elles insistent sur la soudaineté de la venue du Fils de l’homme (21,35). Le jour du Fils de l’homme et le jugement n’est pas pour un futur lointain qui laisserait tout le loisir d’attendre tranquillement en prenant du bon temps (21,34) et en remettant à plus tard la conversion. S’il n’est pas possible à l’homme de prévoir le moment précis de sa venue, une chose cependant est certaine, c’est qu’il peut, comme le filet de l’oiseleur ou du pêcheur, s’abattre sur les hommes à chaque instant (21,34-35). La parole de Dieu est plus sûre que l’existence de la terre et du ciel (21,33). Son évidence doit s’imposer plus encore que celle des choses qui tombent sous le sens. Il faut donc « prendre garde » (21,34) et « veiller », se tenir prêt « à tout moment » (21,36).

L’issue du jugement revient à l’homme. Ou bien il aura consacré son cœur et ses soins à des vanités (21,34), ou bien il se sera dégagé de leur poids pour donner tout son temps et toute sa force au seul et unique bien qui vaille (21,36). Dans l’attitude qu’il aura choisie, il sera pris, vautré dans le néant (21,34-35), ou debout comme l’orant dont les mains sont tendues vers le ciel d’où viendra le salut (21,36).

« Restez éveillés et priez en tout temps » (21,36) signifie vivre dans la présence de Dieu dès maintenant sans attendre le moment fatidique de la mort. Il est dès lors raisonnable de garder le cœur en alerte de faire comme si cette heure – « ces choses » (21,28) – était sur le point d’arriver. Autrement dit, marcher en présence de Dieu. Chacun de nos actes nous juge dès à présent et Dieu n’est pas celui que nous rencontrerons seulement au bout du chemin mais celui qui marche avec nous. C’est dans le règne de Dieu que se trouve la « délivrance ».

Source : Roland Meynet, L’Évangile de Luc, éditions Lethielleux, 2005, ISBN 2-283-61239-X.

Roland Meynet est professeur émérite de théologie biblique de l’Université Grégorienne à Rome, auteur de plusieurs ouvrages et e.a. directeur de la revue Gregorianum.

Charlotte LANGEHEGERMANN
 
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