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Année C  
6 octobre 2016

Le mal de relation

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 17,11-19 (28e dimanche)

La guérison des dix lépreux, Codex Aureus d’Echternach, Nuremberg, Germanisches Nationalmuseum. Les représentations sont narratives, claires, illustrant avec précision la guérison des dix lépreux.

L’évangile de ce dimanche nous fait découvrir la puissance de la parole de Jésus. Dix lépreux s’approchent de lui, couverts de pustules. Ils implorent, les genoux pliés, le dos courbé, les mains tendues vers Jésus. Ils écoutent la parole de Jésus, ils lui font confiance et ils sont guéris. Pourtant leur foi est encore imparfaite : seul le Samaritain, qui revient sur ses pas pour glorifier Dieu et le reconnaître en Jésus, passe de la guérison au salut.

En ce temps-là, Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la région située entre la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s’arrêtèrent à distance et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. » À cette vue, Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » En cours de route, ils furent purifiés. (Luc 17,11-15)

Jésus est en route vers Jérusalem. Il sait que ce voyage le conduit à sa Passion, sa mort et sa Résurrection. L’épisode que nous méditons aujourd’hui a un lien direct avec le mystère du salut que le Christ apporte à l’humanité. Dix lépreux viennent à la rencontre de Jésus, mais ils restent à distance. Le lépreux est un paria de la société, exclu du culte et de la vie sociale, c’est la forme la plus radicale de l’exclusion. En plus, la lèpre était, à l’époque, considérée comme le signe du péché. Les dix lépreux, de loin, crient vers Jésus. Ce cri et le titre « Maître » qu’ils décernent à Jésus sont à la fois l’aveu de leur faiblesse et de la confiance qu’ils mettent en lui. Jésus ne bouge pas, ne se rapproche pas d’eux, ne fait aucun geste de guérison. Leur cri cependant atteint Jésus (Luc 17,14a). Sa miséricorde ne fait pas de différence entre ces hommes. Jésus les renvoie aux prêtres conformément à la législation pour que ces derniers constatent la guérison. L’ordre de Jésus « d’aller se montrer aux prêtres » est donc en soi une promesse de guérison. Tous ceux qui ont imploré sa pitié, qui ont fait confiance à sa parole seront purifiés, parce qu’ils ont obéi à son invitation.

L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revient sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c’était un Samaritain. Alors Jésus prit la parole en disant : « Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Les neuf autres, où sont-ils ? Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! » Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. » (Luc 17,16-19)

C’est en marchant que les lépreux voient leur lèpre disparaître : réellement, leur confiance les a sauvés. Un des lépreux, un Samaritain considéré comme hérétique par les juifs, guéri lui aussi, revient vers Jésus. Tout hérétique qu’il est, le Samaritain sait que la vie, la guérison viennent de Dieu. Alors il rebrousse chemin, il fait demi-tour et cette fois purifié, il peut s’approcher de Jésus. Luc dit : « il glorifie Dieu à pleine voix » et aussi « il se jette la face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce » ce qui est une attitude réservée à Dieu. Ce Samaritain vient de rencontrer le Messie et il le reconnait. Les neuf autres lépreux qui ne reviennent pas vers Jésus ont obtenu la santé qu’ils souhaitaient. Ils n’ont plus besoin de lui. La santé suffit à leur bonheur et le récit ne les condamne pas. Cependant, ils restent sous le régime de la conformité à la Loi alors que le dixième oubliant d’aller vers les prêtres et revenant vers le Christ, change d’univers. Il est le seul à avoir réellement rencontré Jésus, le seul à établir une relation vraie avec lui. Pour rendre gloire à Dieu (Luc 17,15) il vient rendre grâce à Jésus. Le Samaritain guéri unit dans la même louange et la même action de grâces Dieu et Jésus (Luc 17,15-16). Avec lui la guérison cesse d’être le but ultime pour devenir le moyen de rencontrer Dieu. C’est pourquoi il n’est pas seulement guéri, comme les neuf autres lépreux, mais « sauvé » (Luc 17,19). « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé ». Les mots utilisés, « relève-toi, et va » appartiennent au vocabulaire de la résurrection. Nous sommes donc bien au-delà d’une simple guérison. Ce qui sauve cet homme, dit Jésus, c’est sa foi. La foi en quelqu’un est la racine de toute relation vraie, car elle ouvre le chemin de l’amour. La guérison ne débouche sur le salut complet de l’être humain que si ce dernier reconnaît l’initiative gratuite de Dieu à son égard.

Jésus est en route vers Jérusalem (Luc 17,11). Là il connaîtra le sort des malfaiteurs. Saint Paul dira qu’il s’est fait péché. En Isaïe 53, le serviteur de Dieu, celui qui porte le mal du monde est décrit sous les traits d’un lépreux, d’un « frappé de Dieu ». Si les lépreux de notre lecture peuvent être guéris, c’est que le Christ a pris sur lui leur déchéance. C’est pour cela qu’à la suite du lépreux sauvé, nous venons aussi « rendre grâce » ce qui se dit « Eucharistie ».

Charlotte LANGEHEGERMANN
 
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