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Année C  
14 octobre 2016

Le silence de Dieu

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 18,1-8 (29e dimanche)

Ça sert à quoi de prier ? C’est une question que se posent aujourd’hui beaucoup de gens. L’évangile de ce dimanche nous invite à apprendre de la veuve persévérante à prier toujours, sans nous demander à quoi ça sert, sans nous lasser. Prier toujours, mais pas pour convaincre le Seigneur à force de paroles ! Lui sait mieux que nous de quoi nous avons besoin ! La prière persévérante est plutôt l’expression de la foi en un Dieu qui nous appelle à combattre avec lui, chaque jour, à chaque instant, pour vaincre le mal par le bien. (Pape François)

Maître français, le Christ enseigne le Notre Père, vers 1200, manuscrit, La Haye.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager : « Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes. Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : « Rends-moi justice contre mon adversaire. » longtemps il refusa ; puis il se dit : « Même si je ne crains pas Dieu et ne respecte personne, comme cette veuve commence à m’ennuyer, je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer. » (Luc 18,1-5)

L’invitation à la prière est fréquente dans l’évangile de Luc. Dans notre texte, l’exhortation à ne pas cesser de prier fait face à un double danger : la lassitude (Luc 18,7) et le découragement (Lu 18,8). Si Jésus a recours à cette parabole c’est bien parce qu’il y a un problème, celui du silence apparent de Dieu à nos demandes. La parabole que Jésus raconte place face à face une veuve et un juge (Luc 18,2-5). Pourquoi une veuve ? Parce que dans les sociétés de ce temps-là, la veuve avec l’orphelin et l’étranger sont l’incarnation de la dépendance et de la fragilité sociale. La veuve privée de tout soutien et en proie à toutes les injustices (Luc 18,7) est aussi l’image des disciples. Les disciples de Jésus de tous les temps seront souvent persécutés et livrés sans défense aux attaques de leurs ennemis (Luc 18,7b). Il ne leur restera que le « cri » (Luc, 18,7b). Le cri est une parole qui n’a plus la force de s’articuler. C’est la parole de celui qui atteint le fond de l’angoisse. Mais Jésus dit que Dieu leur « fera justice ». Le disciple sait que son salut ne dépend pas de lui-même. Il croit que Dieu peut tout lui donner et ne lui refusera rien. (Luc 18, 7-8). En toutes circonstances il priera (Luc 18,1). Comme la veuve qui crie devant l’injustice qu’elle subit (Luc 18,3). La justice n’appartient qu’à Dieu et lui seul peut la rétablir. La seule façon de l’obtenir c’est de la demander. Il n’est pas de foi sans prière.

Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice ! Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ? Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice. Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Luc 18, 6-8)

L’expression « le Fils de l’homme » appliquée à Jésus désigne d’abord celui qui doit souffrir, mais c’est aussi celui qui, après avoir traversé l’épreuve, sera glorifié à la droite du Père comme juge (Luc 17,22-37). La question de Jésus doit nous interpeller. La foi est don de Dieu, mais quand nous prions ce ne sont pas les choses qui changent mais nous-mêmes. Par exemple quand nous prions pour quelqu’un, ce que l’on appelle intercession, ce n’est pas parce que Dieu a besoin qu’on lui rafraichisse la mémoire sur cette personne, parce qu’il l’aimerait moins que nous. En réalité, prier pour une personne nous fait rejoindre l’amour dont Dieu l’aime. Quand nous prions parce que nous sommes dans une situation difficile, cette situation évoluera selon sa logique propre, pour le meilleur ou pour le pire. Mais l’Esprit Saint nous permettra de la gérer de façon à faire croître l’amour dans nos vies et dans le monde. C’est exactement ce qui se passe avec le Fils de l’homme. Au crucifié Dieu n’envoie pas des légions d’anges. Mais le Christ utilise, si l’on peut dire, la plus grande cruauté, la plus grande injustice, pour mettre au monde l’amour tel qu’il est en Dieu. Telle est la réponse immédiate de Dieu à nos prières, qui, au-delà de toute demande, sont une démarche d’union avec lui. En (Luc 11,11-13) Jésus dit que Dieu donnera l’Esprit Saint à ceux qui le prient, l’Esprit, c’est-à-dire l’amour, Dieu lui-même. Tout cela est récapitulé dans le Notre Père.

Charlotte LANGEHEGERMANN
 
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