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Glawenszeien . Témoins de la foi  
13 mai 2015

En cohérence entre vie de foi et de musicien professionnel

Malgré un programme fort chargé entre participation au TheoBar, rencontre avec des élèves de l’École européenne et animation de la veillée de prière Venite Adoremus, le chanteur chrétien Grégory Turpin, de passage au Luxembourg, a bien voulu accorder un entretien à cathol.lu.

Quel est votre parcours ?

Je suis issu d’un milieu de tradition chrétienne non pratiquant dans un petit village de l’Ariège, j’ai suivi le catéchisme.
Adolescent plutôt réservé, j’ai commencé la musique (guitare, chant), une passion qui emplit ma vie depuis. Dans le même temps, j’ai découvert la foi petit à petit, en lisant les écrits de Ste Thérèse de Lisieux, en animant les messes pour jeunes, grâce à un aumônier de mon collège, et en participant à des rassemblements.

A 18 ans je suis entré comme novice au Carmel pendant un an - une vie de prière silencieuse -, mais ma santé ne me permettait pas de tenir ce rythme de vie. J’ai vécu ce départ forcé comme un échec et je me suis complètement éloigné de Dieu. Je me suis alors lancé à fond dans la musique en me produisant dans des bars, en passant dans des émissions de télévision. J’ai rencontré beaucoup de gens et ma carrière professionnelle démarrait bien. Pratique courante dans le monde du spectacle, j’ai commencé à boire et à prendre de la drogue, surtout après les concerts, pendant 8 mois.

Durant cette période d’en tout un an et demie, plus j’avais et moins j’étais heureux. Après l’euphorie due à la cocaïne, je me retrouvais à chaque fois face à moi-même et je me dégoûtais de plus en plus. J’ai fait trois tentatives de suicide pour en finir.
Puis je suis allé en hôpital psychiatrique. A la sortie de l’hôpital, des amis m’ont proposé du LSD. Il y a eu alors un déclic : soit je continuais sur ce chemin en choisissant la facilité, soit j’optais pour le bonheur, exigeant car il signifie savoir renoncer à tous les possibles et être responsable de soi et des autres.
Du jour au lendemain j’ai arrêté la drogue, mais aussi ma carrière professionnelle - pendant quatre ans -… J’ai suivi une psychothérapie pour m’accepter tel que je suis, avec mes talents et mes défauts, pour ensuite faire les bons choix et réaliser mon rêve en m’en donnant les moyens. Les choix qu’on pose, même quand on est adolescent, ne sont pas sans conséquences.

Comment la foi vous a-t-elle aidé ?

J’ai eu une grâce particulière de pouvoir sortir de la drogue. J’ai aussi la chance d’être entouré de gens bienveillants et qui partagent ma foi. Redécouvrir ma foi m’a permis de redécouvrir ce qui est important pour moi et ce qui me rend heureux.
Ce qui m’a particulièrement aidé à tenir dans les moments difficiles, c’est le sacrement de réconciliation, qu’il faut redécouvrir car c’est un sacrement essentiel pour grandir dans la foi : on peut être soi-même avec le Seigneur, sans crainte d’être jugé, sans tricherie, comme avec un véritable ami. C’est cela qui crée le lien avec Dieu.
Il y a un besoin crucial de dire, de se dire, dans notre société. Souvent on n’arrive pas à vivre une vie spirituelle parce qu’on n’arrive pas à s’adresser à Dieu.
Je crois profondément en cette parole de St Augustin : Dieu réside dans la partie la plus intime de nous-mêmes. Plus on sera nous-mêmes, plus on sera vrai, plus cela nous conduira à Dieu.
Je ne suis pas quelqu’un d’extraordinaire. Je suis seulement un témoin de la miséricorde de Dieu.

Pendant ces quatre ans de réflexion et de conversion, je me suis engagé dans une paroisse, puis dans un diocèse, j’ai monté une comédie musicale « Un lys dans les épines », avec 70 jeunes.
Puis je suis arrivé à Paris, sûr de vouloir faire de la musique. Je voulais convaincre par mon talent. Grâce à des rencontres, notamment avec le chanteur Grégoire et Natasha St-Pier, je suis devenu de plus en plus connu et j’ai pu signer il y a un an avec Universal Music, sous le « label » artiste chrétien. C’est une première en France et probablement en Europe.
Le 6 juin prochain, je serai à l’Olympia à Paris, premier artiste chrétien depuis le Père Duval il y a 60 ans. Cinq groupes joueront avec moi. Je veux les faire connaître car plus il y aura de groupes chrétiens, plus le public s’y intéressera.

Qu’est-ce pour vous qu’être un chanteur chrétien ?

Si je n’avais pas eu la foi, j’aurai été chanteur mais parce que j’ai la foi, c’est important pour moi de l’exprimer dans mon métier, de la vivre. Je ne veux pas être un chrétien « tiède ». Si l’on vit en cohérence, notre foi doit transparaître dans toute notre vie, avec des choix que l’on fait et d’autres qu’on ne fera pas. Il y a par exemple des choses que je n’ai pas envie de chanter, mais des messages positifs, universels - comme la paix, la solidarité, la joie - que j’ai envie de faire passer.
En ce qui concerne mon style musical, c’est la musique pop qui m’inspire (Sting, Zazie, Grégoire, des nouveaux de la chanson française qui reviennent aux sources de l’écriture avec des textes profonds et ciselés).

Je suis auteur-compositeur de textes chrétiens, mais pas forcément chrétiens. Mon but c’est de toucher les gens, là où ils sont.
Il y a certainement matière à réflexion en France sur le concept de laïcité. La laïcité n’est pas l’absence de religion, c’est la possibilité à chacun de croire, dans le respect mutuel.
Quant à ma communication, être connecté (sur Facebook, Twitter, Instagram) me permet de garder le lien avec le public et de faire passer une parole.
Avant j’étais accueilli dans les émissions de télévision comme un phénomène de société, à cause de ma musique chrétienne, maintenant je suis invité en tant qu’artiste, et c’est là vraiment mon objectif.
La notoriété n’est pas un but pour moi, mais un moyen pour faire connaître une cause qui me tient à cœur.

C’est cela qui vous a amené à passer neuf jours dans le Kurdistan irakien en mars dernier ?

Des millions de gens, pas seulement des chrétiens, ont tout perdu du jour au lendemain parce qu’ils ont la foi. Ils avaient le choix entre se convertir, ou mourir, ou partir. Ils ont préféré partir. Près de trois millions de personnes se trouvent dans une situation très difficile. J’ai voulu leur donner ma musique, qui dépasse la barrière de la langue, et partager leur tristesse mais aussi leur joie. Un vieil homme m’a dit : « Daech pourra tout nous prendre mais il ne prendra pas notre amour et notre foi. »
Cela ne peut que nous réveiller, nous qui avons tout et osons encore nous plaindre. Il faut parler d’eux, sinon le monde les oubliera et il n’y aura plus de chrétiens en Irak.
Je voulais aussi soutenir une petite ONG Fraternité en Irak présente là-bas avant les événements et créée par des jeunes passionnés par l’Irak. Cette association ne retient aucun frais de fonctionnement et ses membres vont vivre avec les gens sur place, pour vraiment connaître et répondre à leurs besoins les plus urgents.

Et le futur ?

Je vais partir en tournée. Un nouvel album sortira l’année prochaine.
Je continue une animation pastorale dans un lycée privé et participe à des rassemblements dans des diocèses.
Pour le futur tout proche, je participerai ce soir à l’animation de la veillée de prière Venite Adoremus (catéchèse du Père Évêque sur cathol.lu) puis je prendrai un peu de repos après cette année bien chargée.

En bref, Grégory Turpin est un artiste chrétien exigeant et en phase avec son temps, réfléchi dans ses engagements et qu’on aura grand plaisir à suivre sur les réseaux sociaux, sur son site, et à retrouver à l’Olympia ou, pourquoi pas, en concert au Luxembourg.

Albums :
2004 : Petite Thérèse
2007 : Testament
2009 : Attache-moi
2013 : participation à l’album Thérèse, vivre d’amour (Grégoire, Natasha St-Pier)
2014 : Mes racines. Les plus beaux chants chrétiens d’hier et d’aujourd’hui.

 
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