Vivre avec l’irréparé, un chemin d’espérance
Matinée pastorale avec sœur Isabelle Le Bourgeois, à l'écoute des écoutants.
En collaboration étroite avec la pastorale en milieu carcéral, représentée par son porte-parole Valdemar dos Santos, le Centre de formation diocésain Jean XXIII a voulu inviter soeur Isabelle Le Bourgeois dans le cadre de la formation continue, dont le thème cette année est « Vers une Eglise missionnaire ». Cette matinée du 21 janvier a donc permis à une soixantaine de personnes engagées pour l’Église de découvrir une religieuse qui, en gardant beaucoup d’humour, sait mettre des mots sur les souffrances et donner quelques clés pour les apprivoiser.
Isabelle Le Bourgeois, femme d'affaires, avait un métier très rémunérateur, et aucune place dans sa vie pour Dieu. Entrée dans une église par hasard en pleine messe du dimanche de Pâques, elle a été touchée au cœur par une phrase du célébrant et sa vie a basculé. « La certitude d’être aimée par Dieu, raconte-t-elle. Cette rencontre avec le Christ a bouleversé ma vie et celles d’un certain nombre de personnes autour de moi ! »
Reconnaître l'irréparable pour apprivoiser l'irréparé
Entrée en 1983 chez les Sœurs auxiliatrices des âmes du purgatoire, Isabelle fait d’abord des études de théologie. Puis est envoyée au Mexique auprès des plus pauvres. « J’ai vécu une deuxième conversion, percevant avec une force inouïe que le Dieu qui se présentait à moi est un Dieu qui ne déserte aucun millimètre carré de sa Création. » Sœur Isabelle Le Bourgeois a ensuite été quatorze ans aumônier à la prison de Fleury-Mérogis, à côté de Paris. Elle est psychanalyste et a accompagné dans ce cadre des victimes d’abus dans l’Église, ainsi que des abuseurs.
Nous connaissons tous des irréparables : des deuils, des choses qu’on nous a faites ou que nous avons faites et qui ne peuvent être défaites. Ces irréparables sont présents dans nos vies. Leurs traces dans nos histoires surgissent parfois, ces traces que sœur Isabelle appelle les irréparés et dont personne ne peut contester la réalité ou la véracité. Quand on se trouve à l’écoute, on peut parfois aider à vivre avec ces traces. La riche expérience de la religieuse lui permet de donner quelques recommandations.
Parmi les questions à se poser : est-ce que ce que j’écoute n’est pas trop lourd pour moi ? Pour bien répondre à cela, il faut savoir quel écoutant je suis. Pourquoi est-ce que j’écoute ? Qu’est-ce que cela vient rejoindre en moi ? Avec qui puis-je parler de mon écoute ? Nous devons interroger notre capacité à entrer en relation ajustée avec Dieu, avec l’autre, avec moi-même (« dans n’importe quel ordre ! » précise sœur Isabelle). Il est important de se garder du syndrome du sauveur. « En tant que psychanalyste, je cherche à donner à mes patients des outils pour qu’ils s’en sortent sans moi » explique-t-elle, avant d’insister sur la nécessité de se ressourcer régulièrement.
Dans l’assistance, les questions sont nombreuses et la discussion engagée pourrait durer bien au-delà des trois heures prévues. Pour aller plus loin, soeur Isabelle Le Bourgeois a écrit plusieurs livres. La parution d’un approfondissement de Vivre avec l’irréparé est prévue pour les jours qui viennent. Intitulé J’aurais tant voulu, il est sous-titré « apprivoiser l’écart entre rêves et nos vies. » Toujours pour trouver un chemin d’espérance.
"Les cinq plaies du Christ sont les marques de l'irréparé dans sa nature humaine. Et pourtant le Christ est ressuscité. C'est pour moi la source la plus vivante, la plus forte, la plus indiscutable, mon point d'ancrage pour l'espérance."
Soeur Isabelle Le Bourgeois
Retrouvez ici les prochaines formations du Centre de formation diocésain.
Et si vous avez, comme l'équipe de la pastorale en milieu carcéral, l'idée d'une personne à inviter, parlez-en au CFD !
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