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À Notre-Dame de Paris, le cardinal Jean-Claude Hollerich a présidé la messe de béatification de 50 martyrs français du nazisme

Le choix par le Pape d’un légat luxembourgeois et la présence d’évêques allemands ont donné à la célébration une forte puissance symbolique.

« La première moitié du 20e siècle entrera dans l’histoire de l’Europe comme le siècle obscur de terribles carnages. Aux victimes des deux guerres mondiales, les soldats, s’ajoutent les victimes de la dictature nazie. Mais dans cette obscurité se trouvent des points de lumière, et dès à présent nous pouvons identifier des noms et des visages à quelques-uns de ces points de lumière. Ils avaient un amour immense pour Dieu, pour le Christ. Cet amour les poussa à servir leurs frères partis pour le travail forcé en Allemagne. Oui, il ne peut y avoir d’amour de Dieu sans l’amour du prochain. »

Dès le début de son homélie, le cardinal Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg, a mis la cérémonie du jour en perspective. Le 20e siècle, siècle obscur au sein duquel brillent des points de lumière…

Quelle espérance pour le 21e siècle, toujours confronté à la violence, mais aussi à un danger plus sournois, plus diffus, celui de l’individualisme et de l’indifférence. Ces deux réalités étaient totalement étrangères aux 50 martyrs béatifiés ce 13 décembre à Paris. Ces « martyrs de l'apostolat » étaient de jeunes prêtres, religieux, séminaristes, scouts ou militants d’Action catholique, qui avaient répondu à l’appel du cardinal Suhard pour rejoindre clandestinement les ouvriers français envoyés en Allemagne par le Service du Travail obligatoire (STO), afin de leur offrir un soutien fraternel et spirituel interdit par le régime nazi. Arrêtés, beaucoup furent torturés, déportés ou moururent d’épuisement et de maladie, pour certains quelques jours après la libération des camps.

Vous pourrez télécharger ci-dessous le texte de l’homélie de notre archevêque et même aller revoir ici l’intégralité de la célébration. Nous voudrions simplement relever la dimension universelle sur laquelle le pape Léon XIV a voulu insister en demandant à Mgr Hollerich d’être son légat, son représentant, pour la béatification à Paris. « Ces saints dépassent la France, nous a expliqué Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris, quelques minutes avant d’entrer dans la cathédrale. La présence du cardinal Hollerich est volontaire de la part du Pape. Nous avons des liens extrêmement fraternels avec l’Église qui est en Allemagne. Je peux vous dire que mes confrères allemands sont très heureux d’être là. »

À l’issue de la cérémonie, Mgr Ulrich, dans ses remerciements, est revenu sur ce point, s’adressant à Mgr Hollerich : « Tous nous avons mieux compris, au-delà de l’émotion que chacun pouvait ressentir, que ce signe qui nous est donné ne fait pas qu’honorer la mémoire de victimes de l’idéologie nazie mais ouvre notre cœur à ce que signifie pour l’Église et pour le monde le fait que des fidèles du Christ n’hésitent pas à aller jusqu’au bout du don d’eux-mêmes, par amour du Christ et par amour des frères et des sœurs. (…) Aussi au nom de mes confrères évêques et de toute cette assemblée, je veux remercier le Saint-Père et vous remercier vous-même d’avoir accepté d’être son délégué pour présider cette célébration, pour bien marquer que l’Église, quand elle annonce l’Évangile et quand elle béatifie ou canonise des serviteurs du Seigneur, ne veut jamais en faire l’occasion d’un triomphe orgueilleux d’un homme, d’une femme, d’un groupe humain voire d’une nation. Le Saint-Père vous a choisi, parce que votre position, à la jonction de la culture française et de la culture germanique, servirait cette réunion que nous avons voulu marquer entre deux peuples, qui se sont affrontés violemment à plusieurs reprises. Mais au milieu d’eux, le germe de la paix grandissait de façon discrète et d’abord inaperçue. (…) Merci donc d’avoir présidé cette célébration, merci des mots de votre homélie, merci de l’appel aux jeunes que vous avez lancé tout à l’heure. »

Enfin, rappelons-nous les mots du pape François, lors de sa visite du 26 septembre 2024. Le Saint-Père avait regretté le manque de mémoire du cœur humain qui « s’égare périodiquement pour retourner sur les chemins tragiques de la guerre », et avait indiqué un remède : « il faut regarder vers le haut, il faut que la vie quotidienne des peuples et de leurs gouvernants soit animée par des valeurs spirituelles hautes et profondes, qui empêchent (…) le retour irresponsable aux mêmes erreurs du passé (...). Le Luxembourg est au centre de cette capacité de nouer des liens, de créer des amitiés, c’est votre vocation. »

Ce samedi 13 décembre 2025, à Paris, par l’intermédiaire du cardinal Jean-Claude Hollerich, l’Église qui est au Luxembourg s’est montrée fidèle à sa vocation.


Liens utiles :

- L’interview du père Bernard Adura, postulateur de la cause de canonisation.

- Le dossier du diocèse de Paris.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera.

Jn 12, 24

 

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