Le chanoine Claude Bache à l’honneur en Terre sainte
Carnet de pèlerinage, chapitre 2 : au Patriarcat latin de Jérusalem.
C’est au chanoine Claude Bache que notre petit groupe de pèlerins doit la grâce de ces quelques jours à Jérusalem. Son dévouement à la Terre sainte a en effet été récompensé par sa nomination comme « chanoine honoraire de la basilique du Saint-Sépulcre de Jérusalem ». Un évènement historique : d’une part ces chanoines ne sont qu’une vingtaine dans le monde entier ; d’autre part c’est la première fois, depuis leur fondation en 1099, qu’un Luxembourgeois entre dans leurs rangs.
Ce mardi 3 février, en fin de matinée, notre petit groupe était joyeux et ému en quittant l’Hospice Autrichien, situé dans le quartier musulman de la vieille ville, en direction du Patriarcat latin de Jérusalem, qui se trouve dans le quartier chrétien. Un trajet à pied d’une vingtaine de minutes dans les souks, sous les interpellations des vendeurs « Father ! Father ! ». Il faut dire que la soutane à large ceinture rouge du cardinal Jean-Claude Hollerich attire les regards et nous identifie immédiatement. Malheureusement les pèlerins sont encore rares et nombre d’échoppes sont fermées. Celles qui sont ouvertes nous plongent dans des odeurs d’épices, d’agrumes, de cuir… au cœur de l’Orient. Nous suivons une partie de la Via Dolorosa, le chemin emprunté par le Christ de sa condamnation au lieu de sa crucifixion. Chaque station est matérialisée, ici par une minuscule chapelle, là par des bas-reliefs. Autant d'occasions de prière intérieure.
"Les Béatitudes sont le fondement et le chemin, l'ancre de nos vies"
Au Patriarcat latin de Jérusalem, nous sommes accueillis très chaleureusement par le père Davide Meli, chancelier du Patriarcat. Le 3 février est un jour particulier pour le diocèse de Terre sainte, qui, le lendemain de la fête de la Présentation de Jésus au temple, fête saint Siméon et sainte Anne, les prophètes qui ont reconnu l’Enfant. Mais l’intronisation d’un nouveau chanoine est une occasion exceptionnelle et le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, décide de prendre l’évangile des Béatitudes, lu le dimanche précédent. Il l’explique dans son homélie : « Les Béatitudes doivent entrer profondément dans nos cœurs. Ici nous vivons les Béatitudes dans notre chair et si nous voulons rester pertinents nous devons être fermes dans la foi, dans notre désir de justice. (…) Nous avons réuni hier les prêtres des paroisses du Patriarcat. La résilience des chrétiens se fonde sur l’espérance. Ils trouvent une grande consolation dans le fait de rester en Terre sainte. (…) Les Béatitudes sont le fondement et le chemin, l’ancre de nos vies. »
Après l’homélie, le père Claude prête serment sur l’Évangile puis reçoit des mains du Patriarche les insignes de sa fonction : sur les épaules la mozzetta, une petite cape en laine blanche ornée d’une grande croix de Jérusalem rouge ; autour du cou, suspendue à un cordon noir et or, la même croix de Jérusalem, emblème du patriarcat latin et de la présence chrétienne en Terre sainte ; enfin la barrette au pompon magenta.
« Tu es maintenant membre de l’Église de Jérusalem, tu fais partie du clergé de la Terre sainte, tu participes à notre consolation »
C’est au Patriarche latin de Jérusalem qu’il revient d’attribuer cette distinction honorifique qui récompense des services exceptionnels rendus à la Terre sainte. Le père Gabriel Romanelli, curé de la paroisse de la Sainte-Famille de Gaza, est également chanoine honoraire. C’est dire l’importance de ce geste. Et c'est un fait que le nouveau chanoine de la basilique du Saint-Sépulcre n’a de cesse de renforcer les liens entre les fidèles du Grand-Duché et les lieux qui ont vu naître et vivre le Christ. Par les pèlerinages, mais aussi par la mise en valeur de la langue luxembourgeoise au travers de l’installation sur des sites majeurs de Terre sainte de plusieurs plaques gravées de textes en luxembourgeois, comme le Magnificat, le Benedictus ou le récit du baptême du Christ. C’est également grâce à lui qu’une mosaïque de Notre-Dame Consolatrice des affligés est présente à l’église de l’Annonciation à Nazareth. Enfin, par l'intermédiaire de l'organisation non-gouvernementale luxembourgeoise Les Amis Ayudame Luxembourg a.s.b.l., il a collecté depuis 2017 plus de 185.000 euros pour la Crèche Saint-Vincent de Paul de Bethléem, qui accueille une cinquantaine d’enfants abandonnés, de leur naissance à l’âge de six ans (nous vous parlerons de cette œuvre dans un prochain chapitre de ce « carnet de pèlerinage »).
Ce 3 février 2026 a marqué pour lui une nouvelle étape. « Tu es maintenant membre de l’Église de Jérusalem, tu fais partie du clergé de la Terre sainte, tu participes à notre consolation », lui a dit le cardinal Pizzaballa. « Je dois avouer que j’ai été très ému par ces mots, nous a confié le chanoine Claude Bache. Et c’est pour moi un grand honneur de pouvoir porter désormais ce titre honorifique de ‘chanoine du Saint-Sépulcre’. Mais plus qu’un honneur, c’est une mission. Je suis appelé à m’engager davantage pour l’Église de Jérusalem et pour les chrétiens de Terre sainte – et ceci par ma prière, par mon soutien, par mon témoignage. »
Le choix de recevoir ses insignes à Jérusalem fait partie de ce témoignage. Alors que les chrétiens de Terre sainte souffrent terriblement aujourd’hui de la solitude, du sentiment d’être oubliés depuis le cessez-le-feu, ce premier pèlerinage luxembourgeois veut ouvrir la voie à de nombreux autres, seul moyen de relancer l’activité économique des familles chrétiennes sur place. Comme le rappelait récemment Leonardo Visconti di Modrone, Gouverneur Général de l’OESSH, « il y a des territoires dans le monde aussi pauvres et peut-être même plus pauvres que la Palestine, mais ils ne sont pas la Terre où notre Foi est née. (…) C’est donc cette terre que nous devons aimer, en tant que berceau de notre foi, en tant qu’Église Mère de la chrétienté. »
Même si les chanoines honoraires de la basilique du Saint-Sépulcre ne sont pas nécessairement membres de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem (OESSH) il se trouve que le père Claude est Grand-Prieur coadjuteur de la lieutenance de l'Ordre pour le Luxembourg, le cardinal Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg, en étant le Grand-Prieur et le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, Grand-Prieur pour l'Ordre entier. Une délégation de chevaliers et dames du Saint-Sépulcre était donc également présente.
« Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent,
car ils seront consolés.
Heureux les doux,
car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice,
car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux,
car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs,
car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix,
car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,
car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte,
si l’on vous persécute
et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous,
à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,
car votre récompense est grande dans les cieux ! »Matthieu 5, 1-12a
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Gros titres
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Le chanoine Claude Bache à l’honneur en Terre sainte
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