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Au désert, trouver l’infini et le silence

Dans quelques jours, un petit groupe s’envole du Luxembourg vers le Sahara tunisien pour marcher et méditer.

« Une amie m’avait parlé de son séjour au désert il y a vingt-cinq ans. Ce désir s’était planté dans mon âme et a grandi petit à petit jusqu’à devenir ardent. Finalement je suis partie l’année dernière pour la première fois et je repars cette année. » C’est Edith Weber-Sinner qui s’exprime ainsi. Edith travaille au Lisel, Lieu d’initiatives et de services aux étudiants au Luxembourg, mais c’est à titre personnel qu’elle s’est envolée pour le Sahara l’année dernière. Cette année, du 14 au 21 février, elle secondera Uwe Franzen, qui organise cette randonnée pour la première fois, après y avoir participé à trois reprises déjà.

Pourquoi donc ce choix du désert ? L’explication n’est pas rationnelle, on est attiré par le désert comme d’autres sont attirés par la mer ou par la montagne. En revanche ceux qui y ont été peuvent raconter ce qu’ils y ont découvert. « J’ai trouvé dans le désert l’infini, la largeur et le silence, explique Edith. Ne pas être obligée de parler, alors qu’au Lisel je suis toujours très sollicitée, est un repos. » En effet, après l’impulsion spirituelle du matin, la première partie de la journée se passe en silence. Après le déjeuner et la sieste, les randonneurs n’ont plus guère envie de parler l’après-midi. « Et si on se parle ce n’est pas pour échanger des propos anodins », remarque Edith.

Pour Uwe, l’appel du désert a répondu à une nécessité : « Juste après avoir changé de boulot, quand j’ai pris mon poste d’aumônier des établissements pénitentiaires, j’ai assisté à la messe dominicale. C’était le premier dimanche du carême, avec l’évangile de Jésus qui se retire au désert. En commençant ce nouveau travail, j’avais pris la décision de saisir chaque opportunité qui se présenterait de découvrir quelque chose de nouveau. J’avais grand besoin d’un temps pour mon âme. Un désir de silence, de remise à zéro, de s’ouvrir à tout en abandonnant ses certitudes. Je voulais aussi essayer de trouver une autre manière de prier. »

Cinq jours de marche spirituelle

La méditation du matin se fonde sur des impulsions ignaciennes. « Pour mon premier voyage, se souvient Uwe, j’avais emporté un texte. Je n’ai pu méditer que le début de la première strophe. Je n’ai pas pu et pas eu besoin d’aller plus loin. Le silence m’a transformé. » Pour ses trois premières méharées, Uwe était parti avec Michael Gmelch, qui est prêtre, thérapeute spécialisé dans les traumatismes psychologiques et accompagnateur de randonnées dans le désert. Cette année, pour la première fois, c’est lui qui organise, avec le même partenaire tunisien, qu’il connaît bien, et avec le soutien d’Edith.

Concrètement, les cinq journées de marche se déroulent selon le même rythme. Le matin, le petit-déjeuner est préparé par les bédouins qui ont cuit le pain dans le sable. Puis les marcheurs aident à faire les paquets et, sous la direction patiente des bédouins, à charger les dromadaires. Ceux-ci ne sont pas que des bêtes de somme. Leurs maîtres ont avec eux un lien très fort. L’animal est à la fois leur outil de travail et leur compagnon. Après le temps spirituel, la marche commence, en silence. À la pause de midi, il faut chercher du bois pour allumer du feu, participer à l’installation. Puis c’est la sieste et ensuite de nouveau recharger les animaux, repartir…

À la halte du soir, chacun prend son matelas et ses couvertures et cherche un coin pour dormir, à la belle étoile. Le chef bédouin de la caravane vient voir où chacun s’est installé, prodigue un conseil et surtout retient la place de chacun. « La première nuit, se souvient Edith, j’étais très contente de m’être installée sur un balcon naturel, avec une vue magnifique. Le bédouin m’a laissée libre de mon choix, mais il m’a recommandé de me mettre à l’abri du vent. Évidemment il avait raison ! » Par sécurité, la caravane dispose d’ailleurs d’une tente, utilisable en cas de tempête de sable.

Abandonner les concepts de douche ou de vaisselle

La randonnée dans le désert est une expérience de dénuement. Cela commence par limiter ses bagages au départ, mêmes si les sacs sont portés par les animaux. Cela passe aussi par apprendre à se passer du confort quotidien auquel nous sommes si habitués que nous ne le remarquons plus. L’eau, indispensable, est particulièrement précieuse. Les bédouins boivent l’eau des puits dans le désert, mais les estomacs occidentaux ne le supporteraient sans doute pas et les marcheurs reçoivent de l’eau en bouteille. Douche et vaisselle sont des luxes dont il faut se passer pendant la durée de la méharée !

Abandonner ses habitudes mais aussi dépasser ses limites. « Nous marchons cinq à six heures par jour, explique Uwe. Cela ne paraît pas énorme, mais la marche dans le désert est très différente de la marche en forêt ou en montagne. Chaque jour, on est confronté à ses limites, qu’il faut dépasser. Pas de beaucoup, mais chaque jour. On sort de sa zone de confort. Honnêtement, c’est épuisant mais tout le monde y arrive. Il y a des dunes, parfois des pierres, on peut suivre la ligne des chameaux ou préférer marcher un peu plus loin, sans toutefois s’écarter du groupe. Il est préférable de s’entraîner un peu avant mais ce n’est pas insurmontable : c’est cinq jours de marche, avec une douche et un repas de fête à l’arrivée. »

Enfin, la méharée est aussi une expérience humaine. Le fait de côtoyer les bédouins est très enrichissant. « Ils sont ancrés en eux-mêmes, remarque Edith. Ils donnent l’impression d’être complètement satisfaits de leur vie, de leur rôle. Nous sommes leurs invités. Ils nous font partager leur vie, leur culture. Nous prenons les repas avec eux, le soir ils jouent de la musique, on chante et on danse avec eux. »

Tenté par l’aventure ? L’essentiel est de comprendre qu’il ne s’agit pas d’un séjour touristique mais d’une expérience spirituelle, accepter d’être bousculé, abandonner ses habitudes et aller à la rencontre de Celui qui habite le silence.

Prière de saint Charles de Foucauld – Passer par le désert
Il faut passer par le désert et y séjourner pour recevoir la Grâce de Dieu ; c’est là qu’on se vide, qu’on chasse de soi tout ce qui n’est pas Dieu et qu’on vide complètement cette petite maison de notre âme pour laisser toute la place à Dieu seul.
C’est indispensable… C’est un temps de grâce, c’est une période par laquelle toute âme qui veut porter des fruits doit nécessairement passer. Il lui faut ce silence, ce recueillement, cet oubli de tout le créé, au milieu desquels Dieu établit son règne et forme en elle l’esprit intérieur.

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