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Apprivoiser la chapelle du Centre Jean XXIII

Expliquées par le chanoine Jean Ehret, les œuvres de Maxim Kantor prennent une autre dimension.

« Comment peut-on prier ici, c’est tellement agressif ! » Parmi les visiteurs de la chapelle de la Résurrection, au Centre Jean XXIII, le commentaire est courant. Le chanoine Jean Ehret, directeur du Centre Jean XXIII, l’entend régulièrement. Il a alors pour habitude de se placer sous la croix de procession, dans la chapelle, et de désigner le Christ suspendu sur son bois : « comment pouvez-vous prier devant cette croix, c’est tellement agressif ! ». Une remarque qu’il ne manque pas de faire à son auditoire du jour, invité par l’Association luxembourgeoise des universitaires catholiques. « Vous n’êtes pas ici dans une chapelle où l’on vous dit que tout ira bien. Le choc ressenti peut être salutaire. La Croix, nous la célébrons le Vendredi saint. L’impression n’est donc pas anti-religieuse. »

Les œuvres de Maxim Kantor, artiste russe en exil qui a été en résidence à la Luxembourg School of Religion & Society (LSRS) de 2019 à 2022, ne laissent personne indifférent. Ce 24 février 2026, nous étions quelques-uns à partager le même objectif : nous plonger dans l’examen approfondi des toiles pour apprendre à les voir autrement. Le simple fait de comparer leur brutalité à celle de la croix du Christ provoque une bascule, un changement de pied.

Le Prof. Dr. Dr. Jean Ehret explique que c’est pendant la pandémie que Maxim Kantor a créé la « Chapelle de la Résurrection » : sept tableaux représentant, au centre, le tombeau vide du Ressuscité et les trois Marie, entouré de part et d’autre de saints luttant avec Dieu et Le cherchant. Saint Jérôme à droite, saint Jean sur l’île de Patmos à gauche, Moïse, Jonas, la Cène… Sous chaque tableau, une prédelle, toile de forme horizontale où figure une série de petits sujets en relation avec le thème principal, reprend la construction traditionnelle des retables polyptyque.

Quelques détails permettent de changer de regard. Le tableau central figure en bas à droite Marie, femme de Cléophas, qui fait l’expérience de la désolation, penchée au-dessus du tombeau vide. Plus haut, Marie de Magdala court vers le tombeau en portant un vase fantôme, son parfum ayant déjà été répandu sur les pieds du Sauveur. Enfin, figure centrale, Marie, Mère du Christ, est reconnaissable à son attitude sereine, au lys derrière sa main gauche, aux trois doigts de cette même main, symbole de la Trinité, enfin, aux deux doigts croisés de sa main droite, qui expriment les natures humaine et divine de son Fils.

En haut à droite, un petit garçon représente l’ange venu annoncer qu’il faut désormais chercher le Christ ailleurs. Perché sur sa main, un oiseau dont la tête rouge est le seul point de couleur vive dans le tableau. Cet oiseau est venu en aide à Jésus crucifié, pour retirer de sa tête les épines de la couronne et ce rouge est à la fois son sang d’animal blessé et celui du Christ.

Successivement, les explications du directeur de la LSRS se portent sur les différentes toiles. « C’est une œuvre de spiritualité, conclut-il. Au centre de la chapelle, sur l’autel, nous célébrons la dernière Cène, qui est une fois pour toutes réalisée. La Résurrection est sur l’autel, là où Il réalise ce qu’Il nous a laissé, pas sur le tableau. »

Visiter la « Chapelle de la Résurrection » au Centre Jean XXIII
La chapelle est ouverte au public. Elle peut être visitée du lundi au vendredi, de 8h à 16h, et sur rendez-vous (+352 43 60 51, office@lsrs.lu).
Pour une visite guidée et pour les célébrations, veuillez contacter office@lsrs.lu.

 

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